Sciatique, lumbago : quelles différences ?

Vous souffrez de mal de dos et vous ne savez pas si c’est une sciatique, un lumbago ou une lombalgie ? 

Pas de panique : la confusion est fréquente. 

Ces termes sont souvent confondus alors qu’ils ne désignent pas exactement la même chose. Comprendre leur signification et leurs différences permet pourtant de mieux comprendre ce qu’il se passe dans son corps. 

différences sciatique – LOMBALGIE

La lombalgie désigne une douleur située dans le bas du dos, au niveau des vertèbres lombaires. C’est le terme très générique pour parler du mal de dos. Son intensité peut varier, allant d’une simple gêne à une douleur plus importante, limitant les mouvements. 

Selon l’Assurance Maladie, la lombalgie est fréquente : près de 4 personnes sur 5 en souffriront au cours de leur vie.

Les professionnels distinguent généralement deux cas : les lombalgies aiguës, qui durent moins de six semaines et les lombalgies chroniques, qui persistent au-delà de trois mois.

Lumbago

Le lumbago est quant à lui une forme particulière de lombalgie aiguë. Surnommé “ tour de rein”, il apparaît souvent de façon brutale. 

Certains décrivent une sensation de blocage dans le bas du dos, parfois après un port de charge, un effort ou un mouvement banal du quotidien. 

Et contrairement à une idée qu’on peut entendre, le “faux mouvement” n’explique pas toujours à lui seul l’apparition d’un lumbago. D’autres facteurs peuvent entrer en compte, comme le manque d’activité physique ou la fatigue. 

A noter que même si la douleur peut sembler impressionnante, la majorité des lumbagos évoluent de façon positive en quelques semaines. 

Sciatique

Dans le cas d’une sciatique, la douleur ne reste pas uniquement localisée dans le bas du dos. 

Elle part généralement de la région lombaire ou de la fesse, avant de descendre dans la cuisse, le mollet et parfois le pied et peut également être tronquée; c’est à dire ne faire mal que sur une partie du trajet.

La douleur suit le trajet du nerf sciatique, le plus long du corps humain. La cause la plus fréquente est une compression ou une irritation d’une des racines du nerf sciatique (qui peut être liée ou pas, à une hernie discale). 

Mal de dos

En France, le mal de dos constitue aujourd’hui l’un des principaux motifs de consultation médicale. D’après l’Assurance Maladie, il est l’une des premières causes d’arrêt de travail. 

Une fréquence qui s’explique notamment par les nombreuses contraintes auxquelles la colonne vertébrale est soumise tous les jours. 

Le port de charges lourdes, le travail sédentaire, associé au manque d’activité physique ou du stress : autant de facteurs qui peuvent contribuer à l’apparition de douleurs lombaires. 

Il est cependant important de souligner que contrairement à certaines idées reçues, avoir mal au dos ne signifie pas nécessairement que ce dernier est abîmé ou fragile. Dans la majorité des cas, les lombalgies ne sont associées à aucune maladie grave.

Pourquoi le mal de dos est-il aussi répandu ?

Le mal de dos, parfois appelé “ mal du siècle” traduit une autre réalité : les douleurs lombaires concernent une part importante de la population.

Les évolutions des modes de vie peuvent contribuer à cette situation. Par exemple, de plus en plus de personnes passent plusieurs heures par jour assises, devant un ordinateur ou au volant. D’autres exercent des métiers très physiques, qui sollicitent fortement le dos sans avoir la musculature nécessaire pour ces efforts intenses ou répétés.

Le manque d’activité physique est cité par les professionnels de santé. Quand le corps bouge moins, les capacités physiques peuvent diminuer et rendre certains mouvements du quotidien plus difficiles.

Quels facteurs favorisent l’apparition des symptômes ?

De nombreux facteurs peuvent favoriser l’apparition d’un lumbago ou d’une lombalgie. 

Parmi eux figurent entre autres : 

  • la sédentarité
  • le surpoids
  • le manque de sommeil
  • le stress
  • certaines activités professionnelles et physiques
  • le tabagisme

Les professionnels de santé soulignent aussi que la douleur ne dépend pas seulement de l’état des tissus. Les dimensions sociales et psychologiques peuvent également influencer la façon dont une douleur est vécue et ressentie. 

C’est notamment une des raisons pour lesquelles des personnes exposées à une situation similaire peuvent présenter des symptômes différents.

Le rôle du stress et du sommeil

Selon l’Inserm, le manque de sommeil peut influencer la façon dont une douleur est ressentie. Une personne fatiguée percevra parfois certains symptômes plus intensément qu’après une nuit complète.

Le stress peut aussi avoir un impact. Lorsqu’il est prolongé, il peut de façon mécanique ou  biologique, entraîner des tensions musculaires, favoriser une hypervigilance vis-à-vis des sensations corporelles ou modifier certains comportements.

Les idées reçues ont la vie dure 

De nombreuses idées entourent le mal de dos. L’une d’elles consiste à penser qu’en cas de douleur, il faut rester allongé jusqu’à disparition complète de cette dernière. Les recommandations actuelles préconisent pourtant l’inverse. 

L’Assurance Maladie et la Haute Autorité de Santé conseillent de maintenir autant que possible les activités du quotidien.

Autre mythe : la douleur du dos serait liée à une hernie discale. En réalité, les hernies discales ne sont qu’une infime partie des causes possibles. Certaines personnes présentant même une hernie, sans ressentir le moindre symptôme.

Quand faut-il consulter ?

La plupart des épisodes de lombalgie évoluent favorablement sans obligation de traitements lourds. Certaines situations doivent tout de même amener à consulter rapidement un professionnel de santé.

C’est notamment le cas lorsque la douleur :

  • Survient après un traumatisme important
  • S’accompagne de fièvre
  • Persiste depuis plusieurs semaines. 

Dans ces situations, un avis médical permet alors d’écarter une cause nécessitant une prise en charge spécifique.

Peut-on prévenir les douleurs lombaires ?

Plusieurs habitudes sont régulièrement recommandées par les professionnels de santé pour minimiser le mal de dos. 

Maintenir une activité physique régulière est l’un des conseils les plus donnés. Selon les personnes, la natation, le vélo, la marche et certains exercices de renforcement peuvent contribuer au maintien des capacités physiques.

Il est également conseillé d’éviter les longues périodes d’inactivité. Alterner les positions au cours de la journée et faire plus de mouvements au quotidien peut aider à prévenir certaines douleurs et à les limiter.

Enfin, adopter une bonne hygiène de vie, et prendre soin de soi et de son sommeil aide également au maintien d’une bonne santé en général.

Quels traitements en cas de problème ?

Le traitement dépendra de la situation rencontrée. Pour les lombalgies communes, les recommandations sont généralement le maintien d’une activité adaptée, associée si nécessaire, à certains traitements antalgiques prescrits par un professionnel de santé.

La kinésithérapie peut également être proposée afin d’accompagner la reprise de l’activité physique et des mouvements.

Dans le cas d’une sciatique, la prise en charge est variable selon l’intensité des symptômes et leur cause. Une intervention chirurgicale peut parfois être envisagée, mais elle reste réservée à certaines situations particulières. Cette option est d’ailleurs de plus en plus rarement proposée. On dit souvent que les symptômes d’une hernie disparaissent sans rien faire dans 80% des cas, au bout de quelques semaines.

Les deux à la fois ?

Il est totalement possible d’avoir ces mêmes douleurs en même temps. Une sciatique est souvent associée à une douleur lombaire. Les médecins parlent alors de lombosciatique.

Autrement dit, une personne peut souffrir à la fois d’une lombalgie dans le bas du dos et d’une douleur dans la jambe.

Ce qu’il faut retenir

  • La lombalgie est le terme général qui désigne une douleur du bas du dos.
  • Le lumbago correspond à une lombalgie aiguë, la plupart du temps brutale et associée à une sensation de blocage.
  • La sciatique est une douleur liée au nerf sciatique, qui descend dans la jambe.
  • Le mal de dos est fréquent et concerne une grande partie de la population au cours de la vie.
  • Dans la majorité des cas, une reprise progressive des activités est recommandée.
  • En cas de symptômes inhabituels ou persistants, il est important de consulter un professionnel de santé.

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